Journal "La Provence" du dimanche 19 juin 2016

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ISTRES - 2 et 3ème:  "LE BIEN ET LE MAL…DE LA TELE !"
     Le matin, les novilleros ont brillé. Le soir, Thomas Joubert a confirmé…

     19 Juin: Décidément, monsieur Manolo Moles a bien vieilli. Celui qui est sorti des obscures pages écrites, à l'ombre de Navalon et de la néfaste Marivi Romero, a su trouver, à la radio et surtout la télé, un ton consensuel, un rien "pelota", bien planqué à l'ombre de compagnons de micro qui disaient certaines vérités à sa place: Antoñete était de ceux-là, comme parfois Emilio Muñoz, ou mieux un Finito de Cordoba, qui ne fit pas de vieux os, parce que trop "sec" et trop clair, dans ses commentaires… Jusque-là, le Señor Moles tenait son rang, malin, beau parleur, sachant détourner ou relancer les conversations, surtout lorsqu'elles prenaient un tour polémique… Cependant, nul ne peut nier son influence et le grand bonheur de pouvoir suivre, en grande partie grâce à lui, les plus importantes ferias, sans bouger de son fauteuil ou sa peña, et cela, depuis des années… Moles n'est pas "Canal+" (ou movistar), mais sans Moles, probablement, Canal+ ne serait pas si engagé dans les toros, et ce, avec la qualité d'image que l'on sait…
     Oui mais voilà! Le sieur Moles a bien vieilli! A soixante-seize ans, il a beau se teindre les cheveux et la moustache, "les idées", elles, sont de plus en plus grisonnantes… De plus, notre homme affiche, pour ce qui n'est pas d'Espagne, une espèce de condescendance et de sourd dédain "un poil" désagréable… Et cela s'est encore vérifié, hier, dans ses commentaires au sujet de Tomas Joubert…Certes, tous les goûts sont dans la nature, et l'actuacion du jeune Arlésien ne fut pas "complète", mais, dénigrer à ce point le garçon et mettre son succès au seul mérite du toro de Joselito, nous paraît injuste et, à vrai dire… tout à fait déplaisant! Et cela se poursuivit tout au long de la tarde, avec de grosses répétitions, au trait bien forcé, sur l'aspect "amanoletado" de l'Arlésien, pointant les travers sans pour autant en souligner les qualités. "Pas très correct, Señor, quand on sait ce que se jouait le Français, télévisé dans le monde entier… Ni Joubert fut "grandiose"; ni le deuxième de Joselito fut le "grand toro" que vous avez chanté, vingt minutes durant. Ce fut un toro "muy guapo", et sérieux!" Ce fut un toro noble  mais qui se mit "court" relativement vite, et ne permit pas la faena "a mas" que le torero souhaitait probablement. Cependant, de très bons passages et le recibir final méritaient bien plus que ce dubitatif  "Cette estocade: Un recibir" ou… ?", que Manolo Caballero rectifia immédiatement par un "Un recibir! Un grand Recibir!" sans détour…Lui qui sait ce que c'est, de tout se jouer, presque en un seul jour!
     Donc: "Le bien… et le mal", de la Télé et… des hommes!
     La corrida de Joselito, très "inégale" de trapio, aura en partie déçu. Noblona, elle alla trop vite "a menos", ne permettant pas "la" faena complète, construite "a mas" et  menant le torero à donner toute sa mesure. Ce fut flagrant, notamment avec un Diego Urdiales auquel on doit, une fois de plus, les grands muletazos de la tarde. De son côté, Jose Garrido a touché le lot de la corrida, certes incomplet mais mobile, noble et "con duracion", devant lequel il n'aura que moyennement confirmé les qualités et l'avenir qu'on lui prête…
     Corrida intéressante, lourdement menacée par les gros nuages noirs d'un orage tout proche, la pluie faisant son apparition en fin de quatrième lidia. Mais, si elle fut "déplaisante", ce ne fut pas l'avalanche qu'on pouvait craindre…

     Le matin, Istres "offrait" la novillada, gratuite, aux abonnés à toute la Feria. Un joli geste qui permit aux aficionados présents de suivre avec intérêt le Mexicain Leo Valadez, qui essaie énormément de choses, en réussissant quelques-unes; Andy Younes, dans sa ligne de classique et "de classe"; et Adrien Salenc, tout récent présenté "con picadores", qui a profité d'abondance d'un très bon novillo de Piedras Rojas. Deux oreilles et salida a hombros, en compagnie des deux collègues, recevant de plus le dixième trophée Pierre Pouly mis en compétition…  A sa deuxième novillada, le Nîmois ne pouvait rêver mieux!

     Samedi 18 Juin  - soir - ISTRES - 2ème corrida (3ème de Feria) - (corrida télévisée en direct par Canal+Toros) - Casi lleno - Temps menaçant, avec pluie à partir du quatrième: Toros del Tajo (sortis 2, 3 et 4èmes), et La Reina (1, 5 et 6èmes), de Jose Miguel Arroyo "Joselito"', très inégaux de présence et de comportement. Magnifique de sortie, le deuxième. Sans brio à la "mini pique" et allant "a menos", pour la plupart. Pour le torero, les 2, 3 et 6èmes furent les plus longuement exploitables.
   
 Diego Urdiales (de vert pomme et or): Ovation et Une Oreille - ne fut guère favorisé au sorteo, ses deux adversaires, limités de force et de race, ne supportant guère plus des trois séries, malgré tous les soins du Riojano à ne pas les bousculer. Urdiales mit un joli quite par chicuelinas au noble premier, et lui aurait probablement coupé un trophée, s'il n'avait tué "féo"'. A retenir deux grosses séries, "mu asentado", qui firent bonne unanimité. Hélas, le toro "baissa", et la faena de même - Bis repetita dans "les promesses" du quatrième, tandis que tombe la pluie. Bon début de faena, sur main droite, avec un douloureux désarmé, le toro "pisando la muleta". Temple et profondeur, aguantant un sourd "paron" du toro. A gauche, ce sera plus difficile, le bicho "amagando", mais n'y allant jamais à fond. Lorsqu'il revient main droite, le toro n'y est plus. L'oreille tombera, après une bonne entière provoquant derrame. En tout état de cause, Urdiales aura donné les muletazos les plus profonds et "sentis", de la tarde.
    
Thomas Joubert (de bleu France et or): Deux oreilles; et Ovation -  a fait une bonne impression, face à son premier. Par contre, le cinquième le mit en difficulté. Mais face aux deux toros, l'Arlésien a montré une grande attitude, une "quiétude" sans faille, une grande verticalité, poussant un peu trop le côté "Manoletista" de sa vocation. Il se présentait "au monde entier, par le biais de la Télévision, et s'il ne fut guère servi par des commentaires "condescendants", souvent discutables, du présentateur-vedette, le public, lui, aura vu un jeune diestro qui reçut magnifiquement son premier, au capote, en un enchaînement d'une indiscutable personnalité. Le toro, noble et très bien fait, fut piqué "trasero" et alla noblement dans un gros quite de Joubert, mêlant, à la media vuelta, delantales, tafalleras et rebolera, le tout avec grande verticalité. (Surprise, à la télé!). Brindis à une famille qui accompagne sa vocation, et bon début de faena, au centre, par cambio et naturelles "mu quietos", le toro protestant, dans le pecho. Le bicho de Joselito sera noble, mais il lui manquera peut-être "un tranco mas", pour mener sa charge loin et pouvoir lier, comme le souhaitait le muletero. Du coup, des séries inégales, mais toutes empreinte de sérénité et verticalité toutes personnelles, de bon effet sur le spectateur. Faena classique, sur les deux côtés, une série de trois naturelles, de face, liées au farol, pecho et firma mettant tout le monde d'accord. Au micro, Manuel Caballero souligne enfin les mérites et la personnalité du Français. Bernaldinas, en changeant le voyage, un peu trop "compromises" et surtout un gros "recibir", cité et porté "en corto", d'effet très rapide. Deux oreilles et "Arles confirmé!", tandis que le toro est ovationné à l'arrastre - Malheureusement, l'impression ne sera pas la même, à l'issue de la lidia du cinquième, beaucoup plus "informel", au troisième tiers. Il pleut, lorsque sort le colorado qui va prendre un gros puyazo, avant joli quite par chicuelinas et tafalleras. Brindis à tous et quatre "statues", amanoletada la figura. La faena qui suivra alternera le suave et le plus heurté, Joubert cherchant longuement "le bon rythme", face à un toro sans fond ni classe, et se faisant souvent accrocher la muleta. Final par manoletinas et un trois quarts de lame qui suffit.
    
Jose Garrido (de violine et or): Ovation, après un avis; et Une oreille - a confirmé "les bonnes manières" qui sont siennes, à la véronique, toréant de très près, "patapalante", gagnant du terrain et rematant proprement. Le quite par gaoneras au troisième, un peu movido, aura eu son mérite. Ce toro garda noble mobilité, malgré une grosse vuelta de campana, dès le deuxième muletazo. Garrido en profitera en une faena "de volume", un peu longue, alternant le bon et le plus discutable. Toro de bon piton droit, qui lui permit "la ligazon", tant attendu. Au final, trois doblones, un trincherazo et une passe du mépris précéderont une lame "vilaine" (perpendiculaire et atravesada), mais en faisant bien la suerte. Hélas, il perdit tout au descabello - Face au sixième, toro prompt et allègre, même faena  "en quantité", parfois discutable en "vraie qualité". Cette fois, ce furent les inévitables manoletinas, avant une entière d'effet immédiat. On attendait peut-être, plus de "quiétude", de la part de l'Extremeño.
     Au final, Thomas Joubert sortit a hombros de la plaza.

ACTUALITES

 

TEMPORADA 2017 :

- Arles le 16 avril :

Enrique Ponce (Silence /Ovation avec salut après avis) A. Talavante (Oreille / Silence après avis) et Thomas Joubert (Oreille après avis / Oreille après avis) - Ganaderia J.P. Domecq.

Plusieurs prix ont été décernés à Thomas Joubert : "Cérar Giron" pour le meilleur Matador de la feria Pascale, "Louis Pagès" prix du Comité de la Feria, et le club taurin "La Jeunesse Taurine du Pays d'Arles" l'a élu triomphateur de la Feria.

 

Cartels à venir :

 - Arène d'Istres "Le Palio" le  23 juin 2017 à 18 h 30 :

Sebastien Castella, Jose Maria Manzanares et Thomas Joubert - Ganaderia Garcigrande

 -  Arène de Châteaurenard le 23 juillet 2017 à 18 h :

Roman Perez, Thomas Joubert et Thomas Dufau - Ganaderia La Quinta

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©Peña Thomas Joubert